Le bac de Loire Lola à l'eau
Un baptême direction le Paradis
La construction d'un éventuel nouveau pont entre St Nazaire et Cheviré est à l'étude depuis des années. Le trafic est quotidiennement congestionné sur le périphérique aux heures de pointe et la situation ne fera qu'empirer tant que l'arlésienne de la métropole nantaise subsistera.
En attendant, des moyens ont heureusement été débloqués pour renforcer les franchissements traditionnels de la Loire. La flotte de ferrys assurant la liaison entre le Pellerin et Couéron en aval et La Montagne et Indre en amont accueille aujourd'hui une nouvelle recrue plutôt attendue.
Baptisée Lola en clin d'oeil au service de cars Lila et donc en hommage à Superbus, cette embarcation flambant neuve a tout d'un Superbac. Sa capacité de transport de voitures et sa vitesse sont doublées par rapport aux caractéristiques des vieillissants St Hermeland, Anne de Bretagne et François Deux qui ont de ce fait peu de chance d'être repêchés aux prochains examens techniques.
A l'occasion de cette cérémonie d'inauguration, la circulation sur le quai du Pellerin a été interrompue toute la matinée et les ouvriers des Chantiers Navals ont bénéficié de deux heures de congés payés pour assister au baptême historique. Devant une aubette et des sanitaires tout fraîchement repeints pour masquer les graffitis, une estrade a été dressée sur la cale menant au fleuve.
Valérie Demangeau, maire de la commune, s'est adressée à une foule de plus de 1500 personnes constituée en majorité de riverains curieux mais aussi de quelques élus et journalistes. Comme à l'accoutumé, elle a commencé par féliciter les différents partenaires impliqués dans le projet pour la livraison réussie de ce premier bac, un autre navire devant épauler Lola d'ici la fin d'année. Elle a ensuite énuméré les avantages et les bénéfices attendus par ce nouveau bateau. Coté service on a retenu une rotation plus rapide des allées et venues entre les deux bords grâce à une procédure d'embarcation mieux calibrée et un délai de transit raccourci grâce à une motorisation F.U.C.A. efficace pour les noeuds. Des horaires plus rapprochés donc.
Le précédent maire de la petite ville du Pays de Retz, Daniel Morisson a ensuite momentanément enchaîné pour couper le ruban rouge d'un Harai Goshi très tranchant. Après les applaudissements, il a passé le relais au président de la buvette de l'USP, le club de foot local, en charge de venir briser une bouteille de muscadet sur la proue du vaisseau.

Le départ de la traversée d'inauguration a hélas connu un léger retard, la marée n'étant pas à l'heure. Les officiels du département et de la région ainsi que quelques journalistes triés sur le volet (dont nous faisions partie) ont été invités à bord pour apprécier en avant première le confort de ce bac dernière génération ainsi que le buffet et le vin d'honneur VIP sur le pont principal.
Le moins qu'on puisse dire c'est que Lola a tout d'une Lolita de l'estuaire. A son bord, tout a été prévu pour que les voyageurs apprécient leur trajet qu'ils soient automobilistes, cyclistes ou piétons. Niveau équipement on a noté la présence d'une table de ping pong, un canisite pour les déjections animales ou encore une longue cabine / véranda pour s'abriter des intempéries et de l'embrun.
Sous la timonerie, un éco-musée de 17m² apporte une dimension et pédagogique pour ceux qui souhaitent découvrir un peu plus l'histoire de la Loire. Sur les murs des écrans retransmettent en temps réel les visualisations du sonar mais il est aussi possible de scruter le fond et admirer les algues et les poissons à l'oeil nu grâce à une coque transparent à la manière de ce qui se pratique déjà sous les tropiques au dessus de la grande barrière de corail. Pour les plus fortunés, une location de tamis sera proposée en hiver afin de s'initier à la pêche aux civelles.
Pour finir, une visite inédite de la salle des machines et de l'imposant moteur nous a rassuré sur l'absence d'amiante dans l'armature et sur l'équilibre global du bac qui le rend à 99% insubmersible. (quelques gilets de sauvetage sont néanmoins disponibles pour l'équipage)
Au bout de 11 minutes et 42 secondes à sillonner les flots à contre courant, Lola a finalement jeté l'encre quelques minutes au Paradis pour fêter son premier débarquement avec les habitants de la rive nord.
Les prochaines semaines seront critiques pour déterminer l'engouement du public face à sa nouvelle coqueluche qui n'a rien d'une coquille de noix. Si les prévisions de fréquentations se réalisent, l'expérience pourra être exportée à l'échelon national dans le delta de la Camargue notamment.

Si j'ai envie d'applaudir ce renouveau, je reste un peu sceptique quand à la gratuité du service. Je sens qu'on va devoir revenir à l'ancienne méthode du péage à chaque traversée pour amortir les coups de fabrication.
Formidable. Je m'étais posté du coté de Bikini pour voir le bac de profil avec des jumelles et le spectacle a été grandiose, il manquait juste les feux d'artifice. Comment ça va pour vous ?
Lola ça sonne un peu en deçà de l'appellation prestigieuse de ses prédécesseurs. J'ai presque envie de la plaindre comme l'a fait Gainsbourg tant ce sobriquet m'évoque le travesti de la chanson de the Kinks
OH LA LA comme ils disent à l'office de tourisme, depuis le temps que j'attendais un moyen plus rapide d'aller courir dans le marais Audubon, ça mérite presque un césar.
Attention, car avec son sur-poids, je cautionne direct le rattrapage. Vous verrez, ça va la pénaliser, je m'attends à quelques perles avec ce bac.
Et la réhabilitation du tunnel creusé par les moines de la tour du Pé de Buzay, c'est pour bientôt ?
@la femme chocolat. Gainsbourg est juste un poinçonneur de LILA. Votre titre de transport s'il vous plait !