Coiffeur de ramboutan
Plat capilitchitracté
Marre des salades de fruits mornes ou des corbeilles de fruits qui finissent en nature morte ? Il est peut-être temps d'oser un peu d'exotisme plus extrême que la simple banane ou la mangue. Le ramboutan et sa pilosité décoiffante est la petite sucrerie naturelle qui ravira la curiosité de vos convives tout en ne faisant aucune pitié pour leur langue.
Ce fruit venu des tropiques n'est pas chauve comme les quenettes et longanes. Il ne prétend pas non plus à son coté punk comme son cousin le litchi. Avec un peu de dextérité et de l'imagination vous pouvez donc rapidement sculpter sa coiffe et créer un dessert sophistiqué sans même dévoiler sa pulpe.
Les panoplie d'outils pour mettre en valeur le fruit thaïlandais est plutôt hétéroclite puisqu'elle emprunte aussi bien à la trousse du coiffeur qu'au placard du cuistot en passant par le cabanon du jardinier. Si la tondeuse est à proscrire peut importe la taille et le nombre de ses lames, le brosse demeure quant à elle une valeur sure. Pour gagner en précision le minutieux peut même opter pour un peigne anti-poux, à condition de caresser dans le sens du duvet.

Avant toute manipulation du scalp du ramboutan, il est conseillé de d'humidifier son écorce et de masser son cuir chevelu, puis de le faire briller à coup de sèche-cheveux. Pour une finition ne manquant pas de piquant, on peut compter sur le dressage à l'électricité statique d'un fer à lisser bouillant. Le principal à ne pas perdre de vue pour que le rendu soit esthétique est de ne pas trop dégager autour des oreilles. Une tresse à 5 brins ou une queue de poney apportent une mèche de fantaisie à l'assiette si vous avez le temps.
Au delà de la simple utilisation de gel comestible genre crème anglaise ou tabasco, des colorations sont possibles. Par exemple pour une belle teinte violette, inondez la coquille rouge de curaçao. Si c'est le cas, n'oubliez pas de fournir dés à coudre et rince-doigts pour que vos invités ne tachent pas votre nappe effet velcro en moumoute assortie.
C'est un coup à finir le repas avec un cheveux sur la langue.
Cette façon de traiter le ramboutan m'a convaincu. Je vais de ce pas tenter de contacter un far breton avec des bigoudis.
Faites pas la même erreur que moi et décortiquez bien la peau avant d'ingurgiter cette petite boule, sinon ça reste coincé entre les dents pire qu'un ananas. Je vous laisse la surprise pour le noyau même si on est pas au même point que l'avocat.