Dame blanche du dimanche
Peur d'auto-stoppeur
Objet : Fuite d'un véhicule de la scène d'un carambolage présumé
Je soussigné Marcel ARRIVEDERCI, agent brigadier-chef à la tête de la section sécurité routière du commissariat de Balleroy depuis ma mutation forcée il y'a 77 ans.
De l'autre coté de ma machine à écrire, Barbara GHOUL la plaignante de la présente main courante, résidant au 42 rue du Paradis et donc Ballerine depuis son arrivée il y'a très exactement 25 ans ce soir.
Faits rapportés
Barbara GHOUL, bien connue de nos services, annonce être une nouvelle fois victime d'une agression de la route lors d'une tentative d'auto-stop.
A quelques mètres de la forêt de Cerisy, un conducteur malintentionné l'aurait subitement abandonné en sang sur le bord de la chaussée après l'avoir pris au bord de son automobile.
Plus précisément, elle affirme être montée sur la banquette arrière du véhicule quelques minutes auparavant à hauteur du cimetière. La musique de l'auto-radio ne lui convenant pas elle aurait crié au pilote d'arrêter sa voiture pour qu'elle puisse en descendre.
Le chauffard indélicat ne se serait pas exécuté immédiatement. La jeune femme aurait donc du faire tout une comédie pour lui montrer son mécontentement comme se révulser les yeux, l'insulter d'une voie rauque en hénokéen et finalement faire pivoter sa tête sur plusieurs tours.
En guise d'obtempérament, la voiture aurait ensuite pilé et se serait vaporisée dans les airs, laissant la victime déraper sur le goudron.

Éléments d'enquête
Le robe blanche de cette dame est maculée de boue et de résidus translucides gluants qui bien que ressemblant comme deux gouttes d'eau à de la semence masculine sont probablement de teneur ectoplasmique puisqu'aucune tentative de viol n'a été rapportée. Pour la protéger du froid et ses grelots, une tenue de rechange a été prêtée à Barbara, sortie toute fraîche de chez notre lavandière assermentée.
Une étude médicale préliminaire à l'oeil nu démontre que les fesses de la victime sont bien griffées par l'asphalte, à la manière d'un pilote de bobsleigh dévalant une montagne de papier de verre sans sa luge.
Le carrefour accidentogène scruté par notre branche scientifique comporte des traces de pneus semblant appartenir à une Renault 4L. Elles sont rectilignes sur une dizaine de mètres puis prennent brutalement la direction du fossé juste après une plaque de glace. La piste du verglas est donc retenue pour expliquer cette déviation subite ; celle du mirage de virage par réflexion des phares sur le givre est quant à elle écartée.
A fortiori, aucun autre témoin présent sur les lieux du crime ne s'est encore présenté.
Conclusions
Faute de preuves tangibles, le dossier reste ouvert.
Comme dans la très grande majorité de affaires que nous traitons au sein de cet établissement des forces du contre-chaos, la piste du refus de l'acceptation du syndrome de Cotard est privilégiée.
Pour préserver l'équilibre psychologique de la victime, cette vérité ne lui sera pas dévoilée.
Cela ne ferait que provoquer son énervement et conduirait à nous traiter d'imposteurs et donc d'empirer son cas en doublant sa pathologie d'un syndrome de Capgras.

Tout les habitants de notre ville sont conscients que cet embranchement est dangereux pour les étrangers de passage. En l'absence de feux rouges, ils oublient qu'il ne faut jamais croiser les flux de circulation sans freiner.
Ce récit me donne la chair de poule ! L'enfer c'est vraiment les Autres
Combien de fois on devra le répéter, le covoiturage c'est dangereux la nuit. On peut tomber sur un illuminé qui a inventé les pompes en 666 minutes.